Ordonnance24

Renouvellement d'ordonnance pour un traitement en cours

Pour un traitement déjà équilibré, le renouvellement d'une ordonnance relève de l'évaluation d'un traitement déjà en place, et non de l'introduction d'un nouveau médicament. Le médecin examine la substance active, le dosage, la posologie et les données des derniers contrôles. En l'absence de bilan récent ou en cas de symptômes nouveaux, un examen clinique reste nécessaire et un questionnaire ne le remplace pas. Cette page explique quelles informations le médecin demande, ce qui se passe en pharmacie et où se situent les limites d'un document transfrontalier. Le traitement est toujours évalué et suivi par un médecin avec le patient.

Ce qu'est un traitement en cours et quand un renouvellement se justifie

Un traitement en cours est un traitement déjà instauré par un médecin, qui dure depuis un certain temps, avec une substance active et un dosage inchangés. Il s'agit le plus souvent d'une tension artérielle élevée, d'une insuffisance de la thyroïde, d'un diabète de type 2, d'un cholestérol élevé, d'un asthme ou d'une contraception hormonale déjà en place. Les états concernés sont décrits sur les pages /guide/hypertension/ et /guide/hypothyroidie/.

L'évaluation est adaptée lorsque le médicament a été introduit par un médecin, que la dose n'a pas changé depuis un certain temps, que la tolérance est bonne et qu'aucun symptôme nouveau n'est apparu. Il est alors question de la poursuite d'un traitement déjà appliqué, et non d'une première prescription.

Le renouvellement n'est pas adapté à une première prescription, à des troubles nouveaux ou aggravés, à des valeurs instables, à l'absence de bilan ou à des résultats anciens, à la grossesse et à l'allaitement, ni à des effets indésirables sérieux. Dans ces circonstances, un examen clinique est nécessaire et ce parcours ne peut pas le remplacer.

La poursuite d'un traitement n'est pas non plus la même chose qu'un nouvel épisode de maladie. Une nouvelle infection n'est pas la suite d'un traitement antérieur, même lorsque la même molécule a déjà été prise dans le passé: elle exige une évaluation médicale à part entière.

Les informations que le médecin demande

Le médecin a besoin d'une description exacte du traitement suivi jusqu'ici: le nom du médicament ou de la substance active, le dosage, la forme pharmaceutique, la posologie, la date à laquelle le traitement a été instauré et par qui. Une simple mention du nom du médicament, sans ces précisions, ne suffit pas pour une évaluation.

Les données sur le déroulement du traitement comptent autant: la date du dernier contrôle, les derniers résultats d'analyses, l'apparition éventuelle de troubles depuis, et une interruption éventuelle. Pour certaines familles de médicaments, un contrôle biologique fait partie du suivi habituel, et le médecin peut demander un résultat récent.

Il faut également indiquer les autres médicaments pris, y compris ceux obtenus sans ordonnance et les compléments alimentaires, les allergies connues, les maladies chroniques, la grossesse et l'allaitement. C'est précisément la prise simultanée de plusieurs médicaments qui motive souvent une modification du plan de traitement.

Quand les informations sont incomplètes, le médecin demande un complément, car décider sans base serait décider à l'aveugle. Si une pièce complémentaire est nécessaire, vous disposez d'au moins 7 jours pour la transmettre, et sans réponse nous relançons. La posologie est en toute hypothèse fixée par le médecin, et les précisions sur un médicament donné figurent dans la notice jointe à la boîte.

Les traitements pour lesquels un renouvellement est le plus souvent demandé

Pour une insuffisance de la thyroïde, il s'agit le plus souvent d'un traitement de substitution par hormone thyroïdienne, décrit sur la page /medicaments/euthyrox/. Pour le diabète de type 2, la demande porte souvent sur la metformine, présentée sur la page /medicaments/glucophage/, ou sur un inhibiteur du SGLT2, présenté sur la page /medicaments/jardiance/.

Pour un cholestérol élevé, il s'agit d'une statine, décrite sur la page /medicaments/lipitor/, et pour une tension élevée d'un bêtabloquant comme celui présenté sur la page /medicaments/concor/. Ces deux domaines sont traités ensemble sur la page /coeur-et-tension/, et les bilans correspondants sur les pages /guide/cholesterol/ et /guide/hypertension/.

Pour l'asthme et la bronchopneumopathie chronique obstructive, il est question d'un traitement inhalé, décrit sur les pages /medicaments/symbicort/ et /medicaments/ventolin/ et expliqué plus longuement sur la page /asthme-et-bronches/. La contraception hormonale se renouvelle aussi, mais selon son propre parcours, décrit sur la page /pilule-et-contraception/.

Cette liste n'est pas exhaustive et ne signifie pas qu'un renouvellement soit possible dans chaque cas particulier. La décision appartient au médecin après lecture des informations transmises, et non à l'appartenance du médicament à une famille donnée.

Quand un renouvellement ne suffit pas et un examen devient nécessaire

Un examen clinique est nécessaire lorsque des symptômes nouveaux apparaissent, lorsque des troubles existants s'aggravent ou lorsque les valeurs mesurées changent sans raison claire. Sans examen ni analyses, il est alors impossible de déterminer s'il faut adapter la dose ou changer complètement de traitement.

L'examen est également nécessaire lorsque le traitement a été interrompu longtemps, lorsque les résultats disponibles sont anciens, ainsi que pendant la grossesse et l'allaitement. Dans ces circonstances, la décision relative au médicament change souvent, et une appréciation fondée sur des données anciennes ne serait pas sûre.

En cas de douleur thoracique forte et persistante, de difficulté respiratoire, de signes de réaction allergique, de saignement important ou de confusion soudaine, il ne s'agit pas d'un renouvellement mais d'une urgence. Appelez sans attendre le 112, qui est le numéro d'urgence au Luxembourg.

Si le médecin estime que les informations ne permettent pas une décision sûre, il refuse d'établir le document et renvoie le patient vers un médecin au Luxembourg. Ce n'est pas une exception dans la procédure, c'est l'un de ses résultats prévus.

Ce qui se passe en pharmacie et ce que le pharmacien apprécie

La délivrance du médicament est une décision professionnelle du pharmacien. Il vérifie l'identité de la personne qui présente le document, la lisibilité et l'exhaustivité des mentions, ainsi que la cohérence du traitement prescrit avec les informations dont il dispose. En cas de doute sur l'authenticité ou sur la lisibilité, il peut refuser.

Pour cette raison, nous ne pouvons promettre pour aucun document qu'une pharmacie l'acceptera. La décision appartient au pharmacien au moment de la présentation, et cette appréciation fait partie de la protection du patient: ce n'est pas un obstacle.

Le pharmacien peut proposer un médicament substituable contenant la même substance active, au même dosage et sous la même forme. Il est utile de vérifier à l'avance si le médicament est autorisé au Luxembourg et sous quel nom, et les informations sur les officines et les services de garde sont publiées sur le portail des pharmaciens luxembourgeois.

La question de la prise en charge est appréciée séparément de la délivrance. C'est la Caisse nationale de santé (CNS) qui décide si un médicament figure sur ses listes et à quelle hauteur il est pris en charge, et non celui qui établit l'ordonnance. Avec un document qui n'est pas issu du système luxembourgeois, il faut compter sur un médicament à votre charge, au prix pratiqué en pharmacie.

Notre document et le système luxembourgeois

Le document que le médecin établit est une ordonnance transfrontalière au sens du droit de l'Union européenne. Sa reconnaissance repose sur l'article 11 de la directive 2011/24/UE, et son contenu sur la directive d'exécution 2012/52/UE, qui fixe la liste des mentions permettant à un pharmacien d'un autre État membre de le lire et de le vérifier.

Ce document n'est pas enregistré dans le système national d'ordonnance électronique luxembourgeois et n'apparaît pas dans le Dossier de soins partagé (DSP), alimentés par des médecins autorisés au Luxembourg. En officine, il n'y a donc aucun code ni numéro à appeler avec la carte de sécurité sociale: vous présentez le document imprimé et une pièce d'identité.

Le document ne remplace pas le dossier tenu par votre médecin au Luxembourg. Si un suivi régulier, une prescription d'examens ou un avis spécialisé sont nécessaires, c'est vers ce médecin qu'il faut se tourner, et les démarches administratives courantes sont décrites sur le portail Guichet.lu.

La reconnaissance d'une ordonnance établie dans un autre État membre est expliquée plus longuement sur la page /blog/ordonnance-etrangere/, et les questions propres aux personnes qui travaillent au Luxembourg sans y résider sur la page /blog/frontaliers/.

Les groupes de médicaments que nous ne prescrivons pas

La prescription transfrontalière a des limites qui découlent du droit de l'Union européenne. L'article 11, paragraphe 6, de la directive 2011/24/UE exclut de la reconnaissance des ordonnances établies dans un autre État membre les médicaments contenant des stupéfiants et des substances psychotropes. Cette limite ne se contourne pas et ne relève pas de nos règles internes.

Par notre propre décision, nous ne prescrivons pas davantage de benzodiazépines, d'hypnotiques de la classe Z, d'opioïdes, de stimulants comme le méthylphénidate et la lisdexamfétamine, de gabapentinoïdes, c'est-à-dire la prégabaline et la gabapentine, ni de cannabis à usage médical.

Pour ces médicaments, la voie adaptée est une prise en charge par un médecin au Luxembourg, qui peut examiner le patient et suivre le traitement dans la durée. En cas de risque de dépendance, de surdosage et d'interactions avec d'autres médicaments, un suivi continu est essentiel.

Un avertissement distinct vaut pour les antibiotiques. Une nouvelle infection exige une évaluation médicale et n'est pas la poursuite d'un traitement antérieur: reprendre un antibiotique prescrit auparavant, sans nouvelle appréciation, n'est pas adapté.

Ce que nous proposons et ce que nous ne proposons pas

Nous proposons un questionnaire médical et une évaluation par un médecin. Vous décrivez le traitement en cours et votre état de santé, le médecin lit ces informations et décide si l'établissement d'une ordonnance transfrontalière est professionnellement justifié. Pour la poursuite d'un traitement déjà en place, le parcours est /ordonnance-en-ligne/, l'évaluation médicale coûte 24,90 €, et un traitement prioritaire est disponible contre un supplément de 9,90 €. Le questionnaire est accessible à toute heure, sans salle d'attente.

Le document est établi par un médecin titulaire d'une autorisation d'exercice polonaise, numéro 3211301. Il n'est pas inscrit auprès du Collège médical luxembourgeois, alors qu'au Luxembourg cette inscription est une condition d'exercice de la profession. Il ne prend donc pas le rôle de votre médecin au Luxembourg: le suivi régulier d'une maladie chronique, les prescriptions d'examens et l'accès au réseau de soins luxembourgeois restent de son ressort.

Nous ne proposons ni téléconsultation, ni appel vidéo, ni entretien en direct. L'évaluation est asynchrone et repose sur le questionnaire, et le médecin demande par courriel une pièce complémentaire lorsqu'il en a besoin. Nous n'établissons pas d'attestations et ne traitons pas les demandes relevant de la santé mentale. Nous ne vendons pas de médicaments et nous ne les expédions pas: vous retirez le médicament en pharmacie, avec le document que vous recevez par courriel et que vous imprimez.

Notre honoraire n'est pas pris en charge par la Caisse nationale de santé (CNS) et nous n'engageons aucune démarche auprès d'elle. L'honoraire rémunère l'évaluation médicale, et non l'établissement du document ni le prix du médicament en officine. Si le médecin refuse pour un motif médical ou juridique, nous remboursons l'honoraire, et il en va de même lorsque le dossier ne peut pas aboutir. La composition de l'honoraire est expliquée sur la page /blog/prix-ordonnance-en-ligne/.

Quelles informations faut-il fournir ?

Le médecin demande le nom du médicament ou de la substance active, le dosage, la forme pharmaceutique et la posologie, la date à laquelle le traitement a été instauré et par qui, ainsi que les données des derniers contrôles et analyses. Comptent également les autres médicaments pris, les allergies, les maladies chroniques, la grossesse et l'allaitement. Quand les informations sont incomplètes, le médecin demande un complément.

Pour quels médicaments est-ce possible ?

Le plus souvent pour un traitement déjà en place d'une tension élevée, d'une insuffisance de la thyroïde, d'un diabète de type 2, d'un cholestérol élevé, d'un asthme ou d'une contraception hormonale. Nous n'établissons pas de document pour les opioïdes, les benzodiazépines, les hypnotiques de la classe Z, les stimulants, les gabapentinoïdes et le cannabis à usage médical. Dans chaque cas particulier, la décision appartient au médecin.

Que vérifie le médecin ?

Il apprécie si le traitement est déjà instauré et stable, si la dose est restée inchangée, comment le traitement est toléré et si des symptômes nouveaux sont apparus. Il regarde aussi les autres médicaments, les maladies chroniques, les allergies, la grossesse et l'allaitement. Pour certaines familles de médicaments, il demande un résultat d'analyse récent.

Le pharmacien peut-il refuser la délivrance ?

Oui. La délivrance est une décision professionnelle du pharmacien, qui vérifie l'identité de la personne, la lisibilité et l'exhaustivité du document, et qui peut refuser en cas de doute. Nous ne pouvons donc promettre pour aucun document qu'il sera accepté. Il est utile de vérifier à l'avance si le médicament est autorisé au Luxembourg et de prévoir un médicament à votre charge.

Quel est le prix de la consultation ?

L'évaluation médicale sur le parcours /ordonnance-en-ligne/ coûte 24,90 €, et un traitement prioritaire est disponible contre un supplément de 9,90 €. Le prix couvre l'évaluation médicale, et non l'établissement du document ni le prix du médicament en officine. Si le médecin refuse pour un motif médical ou juridique, nous remboursons l'honoraire, et il en va de même lorsque le dossier ne peut pas aboutir.

Le document est-il enregistré dans le système luxembourgeois ?

Non. Le document transfrontalier naît en dehors du système de santé luxembourgeois: il n'est pas enregistré dans le système national d'ordonnance électronique et n'apparaît pas dans le Dossier de soins partagé (DSP). En officine, il n'y a donc aucun code ni numéro à appeler avec la carte de sécurité sociale. Vous présentez le document imprimé et une pièce d'identité.

Un appel vidéo ou un entretien téléphonique est-il possible ?

Non. Nous ne proposons ni téléconsultation, ni appel vidéo, ni entretien en direct. L'appréciation repose sur le questionnaire médical et sur la lecture qu'en fait le médecin, qui demande par courriel une pièce complémentaire lorsque c'est nécessaire. Lorsqu'un examen clinique est indispensable pour décider en sécurité, le médecin refuse et renvoie le patient vers un médecin au Luxembourg.